ActualitésA quelques jours de son départ, Antoine Sentis profite de ses soirées pour peaufiner son planning. Est-ce que le partenaire pourra le loger à Mongo? En une journée, il devrait pouvoir rallier l’autre ville et voir les voir les volontaires dès le soir. Les soirées de l’hiver savoyard ne sont jamais assez longues pour préparer au mieux sa visite au Tchad. La mission est aussi une affaire de logistique: s’assurer du logement, du transport, de la présence des uns et des autres. L’avancés des rebelles aura eu raison de son organisation. Arrivé deux jours avant l’insurrection, Antoine chamboulera son programme pour répondre à l’urgence de la situation.
La visite du chargé de mission oscille entre la visite d’état et le guide du routard. Mercedes Calvay, coordinatrice des chargés de mission à la DCC, essaie de limiter les aléas: prise du billet d’avion, démarche de visa, courriers aux officiels locaux (évêques, ambassade de France), kit de présentation DCC, prise de rendez-vous, assurance durant le séjour, avance de devises. «Tout ce travail préparatoire s’effectue environ deux mois avant le départ» précise Mercedes, «le chargé de mission m’envoie son planning prévisionnel et on se répartit les prises de contact s’assurer qu’ils puissent voir tout le monde».
Tout le monde, c’est avant tout les volontaires. «La visite, c’est un rendez-vous pour échanger!» s’exclame enthousiaste Marie-Hélène Cottier, chargé de mission pour Madagascar, «elle permet de rebondir sur des sujets entamés mais trop long à développer à distance, d’approfondir les questions, de poser les problèmes». Le chargé de mission prend la casquette de conciliateur, d’intermédiaire entre le volontaire et le partenaire pour régler des questions d’indemnité, de logement, de définition du poste. Le Père Jean-Marie Richard se voit lui comme «facilitateur»: «durant mes visites en Algérie et en Tunisie, j’écoute, tente de comprendre et de faire remonter aux partenaires les requêtes qui me semblent légitimes. Parfois, à l’inverse, c’est le partenaire qui me demande de secouer un peu le volontaire». Durant les échanges, les volontaires parlent de leur poste, de leurs activités, mais les échanges vont plus loin, comme le précise Frédéric Raul, en charge du Burkina Faso depuis quatre ans: «quand je relis nos échanges, je me rends compte de leur profondeur». Cela se perçoit durant l’entretien formel mais aussi au fil du temps passé ensemble, des instants uniques pour le chargé de mission. «J’aime me fondre dans le quotidien du volontaire, m’y intégrer sans qu’il ne change ses habitudes: à travers ses relations et les lieux qu’il fréquente, je perçois mieux sa coopé et lui-même».
Mais la visite ne s’arrête pas à ce quotidien partagé. Le chargé de mission a aussi un rôle de représentation, qu’il assume plus ou moins facilement. Il incarne la DCC auprès des instances françaises et ecclésiales: Marie-Hélène a bien conscience qu’ «il est nécessaire de rencontrer ces acteurs de la société qui nous aident à mieux comprendre le pays, ses rouages, sa politique. Ce sont aussi des personnes susceptibles d’aider les coopérants en temps voulu».
Le chargé de mission est évidemment amené à rencontrer chacun des partenaires. Une rencontre cruciale pour faire vivre un volontariat tripartite (DCC-volontaire-partenaire) mais qui est souvent centrée sur la problématique des volontaires en place. Partager plus, avec nos partenaires, nos questions sur les enjeux de développement reste un chantier à approfondir.